Accueil Date de création : 10/01/10 Dernière mise à jour : 29/11/11 18:27 / 17 articles publiés

Melancholia  (Cinéma) posté le mercredi 24 août 2011 22:37

Blog de julien2010 :Mon regard, Melancholia

Melancholia

Ça commence par une introduction où le mime des images filmées se meut dans chacun des gestes de l'acteur, la beauté du mouvement transcendé par l'image, un épilogue avant l'heure, l'annoncement de la fin.
Lars Von Trier est difficile à anticiper, son schéma cinématographique n'en finit pas de s'étendre. La poésie glauque et sacrificielle de ces films les plus marquants s'étend elle-même vers la recherche du beau. Il paraît plus maîtrisé que jamais, et s'en tient à la simplicité d'une émotion pure.
A ce titre le combo féminin Dunst-Gainsbourg est la rencontre de la plus forte émotion de deux actrices libres et pleines de leurs deux fragilités.
Les rôles masculins ont su s'affranchir de l'inéligibilité d'acteurs souvent sous-employés, Kiefer Sutherland en tête.
Il apparait comme une merveille de l'instant que nous sommes dans la salle à éprouver des sentiments si familiers. Ils nous réconfortent mais nous fait peur.
Y aller vite, et sans tarder.


 

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Les Chemins de la liberté  (Cinéma) posté le mardi 01 février 2011 13:07

Blog de julien2010 :Mon regard, Les Chemins de la liberté

Son dernier long, Master & Commander, avait le souffle, le lyrisme des films qui ont de l'éclat. Un choix délibéré de nous entretenir avec la mer, sans taire les silences, faisant parler les voix, les émotions et les sonorités, le tout sur une musique de chambre bien à propos, presque syncrétique. De la vision globale d'un ensemble par son réalisateur, traduisant l'infini d'une quête, c'était l'histoire d'une poursuite dans l'abysse. Une œuvre qui ne manquait donc pas de profondeur.

Avec The Way Back, Peter Weir est pour le moins méconnaissable. Toujours en prise avec des sujets singuliers, le réalisateur australien produit ici un cinéma grand public dont le souffle est absent. Son propos se perd en pathos et en une démonstration qui manque cruellement d'envergure, voir d'excès. Ed Harris est bon comme à son habitude, Farrel n'en fait pas trop, et le rôle lui sied très bien. Le reste étant honnête, les acteurs eux-mêmes remplissent leur part ; Jim Sturgess n'est toujours pas un grand acteur.

Bref, les uns diront, c'est une belle histoire, émouvante. Les autres, comme moi, resteront sur cette pauvre mise en image d'une fuite vers la liberté, dont on ne retient, et encore, que les paysages, la description d'une nature hostile (on est quand même bien loin de Into The Wild), celle de l'homme et de son environnement.

Durée : 2h14

Avec Jim Sturgess, Ed Harris, Saoirse Ronan, Colin Farrell...

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Somewhere de Sofia Coppola?  (Cinéma) posté le mardi 11 janvier 2011 10:06

Blog de julien2010 :Mon regard, Somewhere de Sofia Coppola?

 

Ce film est quelque part entre Lost in Translation, et ce qu'il en serait de sa décomposition. Elle y abordait déjà le thème de la célébrité, mais sur le ton d'un l'humour caustique grâce à son formidable acteur, Bill Murray. Au vu de sa bande annonce, le film semblait avoir ce rythme singulier ; lequel en est absent au final, dépourvu de la moindre aspérité. L'expérience de la réalisatrice se manifeste à l'image, inanimée, ne faisant plus illusion de quelque manière que ce soit, et finalement mélancolique, sans volonté. Somewhere ne cherche pas à prouver, ni démontrer et en cela, on peut parler de courage. Sauf que tout ce qu'on a aimé chez elle, glisse vers l'expérience sans fond ni couleurs, dont on cherche à s'extraire car le cinéma en est comme oublié. Quand on se laissait séduire par le flegme de Bob Harris ou l'évanescente beauté de Charlotte, il ne reste qu'une relecture sibylline du star system, un éternel constat de non-sens, désabusé et sans efforts. Que ce film divise, rien d'étonnant, qu'il agace certains, c'est bien normal, à de nombreux égards. Une chose est sûre, c'est que la demoiselle vit dans un monde bien à elle, loin des réalités qui nous touchent ; rien de plus bourgeois que l'ending pseudo militant pour nous exaspérer. On pourrait décrypter les intentions, se plaire à interprêter la langueur des scènes, y trouver du sens... mais je ne le veux pas. Au-delà de l'expérience, je suis à la recherche d'un dialogue ; difficilement compréhensible, la vie elle-même l'est bien souvent, mais cet hermertisme, ce discours abscons ne me renvoie pas à ce pour quoi je suis là, assis sur mon siège, prêt à me laisser happer. "Elle ne savait pas que l'Enfer, c'est l'absence" (Paul Verlaine). Mais où est passée cette poésie, "ce tout créé de rien" ; ou est-ce l'inverse dans ce cas.

Avec Stephen Dorff, Elle Fanning, Chris Pontius, Michelle Monaghan

Durée / 1 h 38

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13e Festival Télérama : Un Prophète  (Cinéma) posté le dimanche 24 janvier 2010 11:43

Blog de julien2010 :Mon regard, 13e Festival Télérama : Un Prophète

Ce fut tardif. Un film qui aura fait beaucoup parlé de lui. Je me méfie de l’engouement des foules. Mais l’idée ne m’ayant pas quittée, je suis finalement allé le voir. Le cinéma, c’est d’abord une expérience, et le film fait de ce moment de complet abandon, quant il est de cette trempe, une plongée intense dans l’univers d’un réalisateur et de toute son équipe.

Pour tous ceux qui le connaissent, Jacques Audiard possède un regard bien à lui, et depuis Sur mes lèvres, une façon de filmer l’action viscérale, qui se révèle le meilleur moyen pour lui de faire passer son message ; n’oublions pas ses acteurs, ils sont pour lui et ses films, essentiels. Avec De battre mon cœur s’est arrêté, il nous avait laissé transi d’intensité, tant ce film était habité, tant l’immersion était grande. L’acteur Romain Duris, hanté par la musique, et croyant y trouver une impossible rédemption, le gage d’une vie nouvelle, y prendra une toute autre dimension. Une prestation remarquable qui ne sera pas récompensée.

Cela étant dit, on assiste béat à l’ascension de ce jeune magrébin condamné à six ans de détention dont la surprise viendra de sa géniale adaptation à un monde faits de codes et de passe droit, d’une vie pénitentiaire faite d’épreuves excluant les faibles, et qui fera de lui un caïd ayant appris à vivre avec ses peurs et la culpabilité d’en être arrivé là par le crime.

Là où le film surprend et gagne en ampleur, en dehors d’un réalisme saisissant, c’est l’intégration du fantastique comme augure du réel, présage d’un destin qui s’accomplit malgré les dommages. En développant sa relation avec celui qui fera basculer son destin, Malik y trouve la  possibilité d’être un autre, le moyen de s’affranchir du regard de l’autre, et du sien.

Que dire de Tahar Rahim, sinon qu’il est parfait, exceptionnel, comme le voulait son réalisateur. La jeunesse du personnage renvoyant à celle de l’acteur et d’une absence de notoriété presque totale, accroit encore davantage notre attention. La caméra se fait plus minutieuse, la lumière souligne les pourtours du milieu carcéral avant de nous subjuguer, nous laissant contempler ses occupants et celui qui s’obstine à survivre.

On regrettera particulièrement la neutralité d’un regard dont on ne saisit pas bien le message à force d’intensité soutenue de réalisme lourd, rarement mis au service d’un parti pris de l’auteur ; donc rien de politique dans ce film, ou très peu. Même le débat posé d’une instruction à l’intérieur des murs d’une prison s’envole pour ne servir que de faire valoir à son héro. Une histoire dont le réalisateur est absent ; si ce n’est qu’il se représente lui-même de part sa caméra. Bien éloigné de la réalité qu’il a créée.

Avec Tahar Rahim, Niels Arestrup, Adel Bencherif, Reda Kateb

Durée / 2 h 35

 

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Bright Star  (Cinéma) posté le vendredi 22 janvier 2010 16:41

Blog de julien2010 :Mon regard, Bright Star

Foudroyé d’amour, cet élixir que l’on veut merveilleux mais qui nous consume jusqu’à l’épuisement, parfois même jusqu’à la mort. Ici, pour les initiés du moins, il est question du poète romantique anglais John Keats, mais encore plus d’amour, un premier amour, le dernier aussi. Il n’est pas misérable, mais pauvre, il possède cet aura ténébreuse qui l’emportera bientôt, mais pas tout de suite. Deux heures durant, nous voyons, entendons, ressentons ce que la plupart de nous avait oublié ou n’avait même jamais ressenti. La délicatesse avec laquelle la réalisatrice Jane Campion filme cette rencontre la fait renouer avec elle-même, sans le tragique obsédant de La Leçon de Pianon, faite de communion de sentiments et de nature. L’issue étant connue de tous, il n’est pas tragique de penser à cette histoire d’amour finissant mal. Il est déchirant cependant la mise en scène de cette amoureuse éplorée réclamant sa mère tant le mal la ronge, la fait suffoquer jusqu’à ne plus pouvoir respirer sans l’être aimé. De ses amours platoniques, John Keats en tirera le meilleur de lui-même, de cet art dont on attend la muse. Un portrait de femme autant qu’un portrait d’homme, Bright Star porte en lui, malgré quelques longueurs, la simplicité du poète, apprécié en son temps pour sa discrétion et sa délicatesse.

Avec Abbie Cornish, Ben Whishaw, Paul Schneider

Durée / 1 h 59

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